Vendredi 14 mars 2008

Déclaration de naissance au Japon - De l’efficacité des administrations

Catégorie Non classé à 14:33 par Arnaud   Imprimer cet article Imprimer cet article

C’est une étape longue, laborieuse et l’efficacité ne se trouve pas là où le bon sens tendrait à la placer. Démonstration en multiples étapes. Ceux qui auront eu le courage de lire jusqu’au bout auront la chance de récupérer le fichier résumant les pièces nécessaires pour la déclaration d’un enfant Français né au Japon !

 

C’est par une belle journée ensoleillée du 18 février que le sens de ma vie a pris un virage (le sens n’est pas précisé) avec l’arrivée de Pauline. Mêmes initiales que son arrière grand-père paternel, nom a rallonges ou type poupées russes, ces considérations ne sont arrivées que bien après cet instant de joie intense que la découverte de son premier enfant. Revenons donc à cet instant magique où le petit bébé commence à communiquer. « Pauline, tu t’appelleras Pauline et tu es toute jolie. Tu as de beaux grands yeux et ce monde est bien intéressant à observer.  C’est donc pour l’instant à Papa de jouer pour que le monde reconnaisse que tu existes : le cogito ergo sum, que tu ne maîtrises pas encore, n’est qu’un principe philosophique qui n’assure aucune existence dans notre société actuelle. »

A la clinique

Première étape, faire comprendre à la clinique comment elle s’appelle. Ce sera « l’enfant de Claire » pendant quelques jours jusqu’à ce que le personnel ait la version katakana du prénom. Ensuite, demander des déclarations de naissance (出生届 – shusseitodoke). Une seule déclaration de naissance en Japonais était suffisante mais dans le doute, j’en demandais 5! Plus une en anglais, bien m’en a fallu : cette version servira plus tard dans l’aventure. Que faire avec ces déclarations de naissance ? Que les personnes qui ont pensé à des « confettis » soient félicitées, c’est ce qui s’est passé avec les 4 déclarations en Japonais supplémentaires !

Juste avant la sortie de la clinique, j’ai fait remplir le papier fourni par la sécurité sociale japonaise (dans mon cas, c’est une « association » ce qui diffère d’autres cas d’expatriés), Avec ce sésame, c’est la prime de naissance qui doit tomber dans nos poches peu de temps après.

Le vendredi suivant (jour de la sortie de Claire et de Pauline), nous avons été à la mairie de notre quartier. Contrairement à Astérix et Obélix dans les « 12 travaux d’Astérix » qui devaient se procurer le laissez-passer A38, nous devions nous procurer une autre déclaration de naissance, des certificats de validité de nos alien cards (carte d’identité pour étranger au Japon) ainsi que la déclaration d’enregistrement de Pauline en tant qu’alien. C’est parti : remplissage des cases (à la main) plus de 5 fois à écrire nos noms, prénoms, adresses, dates de naissance sur des formulaires différents en caractères japonais ou romains Et voilà, il n’y a plus qu’à attendre que le personnel du service rentrent ces informations en quintuple exemplaire dans un ordinateur au fond de la salle, le vérifie, le fasse vérifier par son supérieur, par nous (que ceux qui se demandent pourquoi la saisie n’est pas immédiatement faite informatiquement se réfèreront au livre de J.M. Bouissou « Quand les sumos apprennent à danser » pour trouver une piste d’explication). Toujours est-il que 1/2 heure après, c’était presque chose faite. C’était, hélas sans compter le pointillisme de ces fonctionnaires qui ne voulaient pas du nom d’usage pour les déclarations mais le nom de naissance… en katakana… Le nouveau père zen que je suis leur a expliqué que pour le prénom d’usage et pour le nom de famille d’usage, pas de problème mais que pour les autres ça allait être compliqué pour moi : en familier, faites le vous-même si ca vous chante. Ca leur a sans doute fait puisqu’ils se sont attelés à 4/5 fonctionnaires (dont un francophile, ce qui simplifiait le travail) pour trouver la transcription la plus juste de tout le charabia de nos noms et prénoms. Présentation très fière des fonctionnaires après avoir bien travaillé. C’était presque parfait à 2 détails près : j’avais mal orthographié notre nom lors de mon inscription à la sécurité sociale et pour éviter des désagréables surprises, on se doit de garder ce nom tant qu’on est sur le territoire japonais. Pour le prénom de Pauline, j’ai décidé de prendre l’orthographe qui donne le plus de réponses sous Google ; c’est la même que celle utilisée pour Pauline Bonaparte et non pas celle de que l’on peut trouver dans les jeux de Super Mario.

Il ne restait donc plus qu’a attendre que les fonctionnaires s‘attellent à rentrer tout ca dans leur ordin… à écrire à la main sur les certificats (受理証明書 – jurishoumeisho). Sauf que la petite dame, elle n’a pas bien fait son travail, je lui fait remarquer qu’il manque une particule dans le nom de famille : « allez va retourner corriger ca ! Pendant ce temps-la, je vais aller voir, sur vos conseils, le service des « allocations familiales » au 10eme étage » pour récupérer le laissez-passer A38… euh… Que dois récupérer ? Rien ? Simplement réécrire encore une fois nos noms, adresses, dates de naissances et voilà ? Non ? La carte d’assurance de Pauline ? Pas encore reçu, il faudra revenir pour rapporter toutes les photocopies ? Bien, pas de problème. Ah… ben enfin, on m’explique qu’on recevra la fameuse carte qui permet de ne rien payer pour les visites médicales pour Pauline et recevoir une maigre contribution mensuelle du gouvernement Japonais, on va donc faire un effort pour bien faire les choses.

Je reviens au 2eme étage. Maintenant, récupérer nos certificats de validité d’alien card. « Pour les certificats de naissances, j’aimerais en avoir 6 …» Remplir un autre papier, bien, je commence à en avoir ma claque mais zen, cool, exomil comme je suis, je m’exécute… Finalement, ce n’est pas la peine de remplir le papier, il avait déjà été fait mais le format était légèrement différent et la collègue de ce fonctionnaire ne l’avait pas prévenu… grr … « C’est quoi ce demi-mot d’excuse madame la fonctionnaire ? Fais ta courbette mieux que ca s’il te plait !»… Plus de 3 heures qu’on est parti de la maison, va falloir s’activer surtout qu’il est 17h largement passé et que c’est la fin du service, on est les derniers à poiroter ici. Finalement, j’ai mes sésames, on peut rentrer à la maison !

Claire et Pauline m’ont accompagne tout le long de cette démarche et heureusement que Claire était la, on lui a demandé de signer la déclaration de naissance.

Sécurité sociale et Prime du gouvernement

C’est par l’assurance (sécurité sociale) que va passer une maigre prime qui nous est offert par le gouvernement Japonais (Vive la politique familiale de la France !). Et aussi déclaration de Pauline comme étant dépendante. Trois jours plus tard, je reçois la carte de Pauline (ils ont été rapides cette fois-ci) : la dernière fois, pour obtenir une carte de remplacement, il leur avait fallu plus d’un mois pour finir par un bon redressage de bretelles (par moi) et 2 jours après, je la recevais ! Suite à ces déclarations, le « cadeau » a été versé trois semaines plus tard.

Au consulat de France au Japon

Passons ensuite à la déclaration au Consulat. Rendez-vous pris au 10 mars au matin : déclaration de naissance ainsi que confection du passeport.

Je suis accueilli par une Japonaise Francophone écrivant à la perfection les caractères romains, ELLE remplit un simple papier avec le nom de famille et les prénoms. Dans ce cas, la déclaration de naissance en anglais fournie par la clinique est le plus adapté (pour l’orthographe des particules) : Il me faut avouer que je leur avais faire réécrire la déclaration pour des erreurs de typographie : ceux qui ont déjà eu à faire à des complications dues à la typographie de leur nom de famille comprennent sans doute ce pointillisme (héréditaire aussi, j’en conviens). Rentrées rapidement dans l’ordinateur, ces données ressortent sous la forme d’un magnifique certificat. Livret de famille rempli avec cette même jolie écriture, c’est devant Madame la Consul. Aucune émotion : c’est devant Pauline que j’ai de l’émotion, pas devant un agent de l’Etat assermenté, aussi aimable soit-il !

Bref interlude dans la salle d’attente pour la mise en place du passeport. Oui, parlons du passeport ! Pour faire simple, je demande la démission des membres de l’ISO ainsi que des responsables qui ont exigé une photo d’identité des nouveaux nés dans une posture qui fait que le bébé ressemble plus à un zombi qu’à un être humain. Ce n’est pas le cas de Pauline qui nous a accordé une photo acceptable après plus d’une centaine de clichés et de retouches pour effacer le fond. Je rappelle qu’il faut que le bébé soit réveillé, ne sourit pas, ait la bouche fermée et que l’on voit les épaules sans parler des exigences de taille de la tête, de luminosité, de contraste et de fond. C’est finalement sur notre imprimante que le résultat sera le meilleur plutôt que ceux d’une borne de développement photographique. Aucune retouche de plus que le fond et que le redimensionnement de la tête, ca a été dur mais on a réussi ! Et voilà pour le passeport… L’attaché consulaire, après un agacement difficilement camouflable, me rétorque que ce n’est pas aussi simple que ça, que même si les photos pourraient être acceptables, il lui est impossible de faire une demande de passeport avec un nom de famille de plus de 30 caractères sur ce logiciel (…). Que l’on licencie le responsable du développement du logiciel qui n’a même pas été capable de demander quel était le nom le plus long qu’on pouvait trouver en France! Ce sera donc par fax que la demande a été envoyée et nous attendons le retour du passeport.

Temps total au consulat 1 heure ! (mais c’est parce que j’ai du attendre que l’attache finisse un dossier de passeport d’une dame bien compliquée)

Au bureau d’immigration

Vous croyiez sans doute que les démarches étaient finies. Et bien non : c’est sans compter le bureau d’immigration ! Et oui, on n’a pas le choix puisque Pauline a officiellement atterri (dixit son alien card) le 18 février au Japon. Il me semblait pourtant être à la clinique ce jour là… Ah la mémoire qui flanche !

C’est une démarche à faire rapidement (il est conseillé de le faire dans les 2 premières semaines mais d’autres disent 1 mois) : en tous cas, il ne faut pas attendre le passeport.

Armé de tous les papiers, il fallait bien qu’il m’en manque 2 (formulaires d’application dont un qui n’est pas téléchargeable: noms, prénoms, adresse, dates de naissance et numéros des aliens card comme pour toutes les déclarations)! Ces formulaires étant récupérés à l’accueil du bureau, je me suis mis à attendre (très longuement) dans la queue pour récupérer un numéro d’appel. Enfin juste ce qu’il faut pour remplir à toute vitesse ces papiers (au prix d’un brève échange avec le responsable de la queue qui insistait pour que j’aille écrire sur une table et perdre ma place ! « Non mais ca va pas la tête, perdre 20 places dans la queue, je suis bête mais pas complètement, et d’ailleurs, je peux même écrire des kanji sur une feuille en équilibre sur mon sac. Je ne danse pas des claquettes parce que c’est de la moquette et que ca n’aurait aucun intérêt mais je pourrais très bien le faire en même temps ! » C’est à peu près le contenu de ma réponse à ses demandes « 大丈夫だよ » (« c’est bon ! » en langage très familier parce que bon, hein, fallait qu’il arrête de me perturber). Et c’est donc en ayant juste terminé de remplir ces papiers que j’ai obtenu le ticket numéro 362 alors que le numéro 250 venait d’être appelé. Près de 2 heures après, j’allais enfin déposer le dossier en 10 secondes, remplir mon adresse sur une carte postale (C’est pour que le gouvernement nous envoie des fleurs) et récupérer un certificat validant ma demande. Il faudra sans doute compter sur un bon mois au minimum avant d’aller chercher le visa (même sans passeport).

Epilogue

Alors ? Laquelle est la plus adaptée ? L’administration Française ou Japonaise ? Ou kif-kif bourricot ? Personnellement, je préfère la Française même si c’est parfois plus compliqué : au moins ca va plus vite !

Pour ceux qui veulent, à tout hasard, déclarer leur enfant Français au Japon, voici la liste des documents et délais maximum à respecter (en 2008).

4 commentaires »

  1. Sophiedeno a écrit,

    mars 14, 2008 à 17:21

    ouaou…
    C’est mon mari qui s’est occupé de tout et je ne me suis pas rendue compte que c’était si long. Il n’a pas eu à aller à l’immigration, (sa boîte l’a fait pour lui je pense). Nous avons eu le visa bien avant le passeport : au bout de 2 mois, nous avons finalement du en demander un d’urgence (prêt en 20 mn). Beaucoup de mal aussi avec les photos du bébé. Je suis curieuse de connaître votre nom de famille.

  2. Dorothée, Emmanuel, Andrea a écrit,

    mars 17, 2008 à 5:08

    Bonjour
    avec beaucoup de retard

    Félicitations pour les parents et bienvenue à Pauline.

    Nous esperons que tout se passe bien même si au début les journées sont rop courtes? vous réveille-t-elle beaucoup la nuit? Comment se passe le suivi d un nouveau né au japon cela doit etre different par rapport en France comme les poussettes!!!
    En tout cas elle est mignonne et porte un tres beau prénom

    Nous vous embrassons affectueusement
    Dorothée, Emmanuel, Andrea

  3. Arnaud a écrit,

    mars 17, 2008 à 11:01

    Sophie,
    Cela depend des mairies : certaines mairies sont tres bien equipees et je pense que ton mari n’a sans doute pas du souffrir tant que ca! Enfin, j’espere qu’il s’en ait remis!
    Etant donne notre statut de local dans un quartier plutot populaire, c’est un peu plus complique mais assez interessant comme aventure! Pour le nom, ca va etre “difficile”, ca nous prend beaucoup de temps a le dire et il n’y a jamais assez de place dans un mail ou dans un blog pour l’ecrire! ;)

  4. Arnaud a écrit,

    mars 17, 2008 à 11:07

    Dorothee,
    Courtes les nuits? non, ca va… C’est quoi une “nuit” au fait?
    Nous sommes un peu differents des Japonais: nous commettons le “crime” de sortir Pauline avant son premier mois et Claire a l’impolitesse de l’allaiter (discretement tout de meme) dans les lieux publics!
    “Rebel attitude” !!!

    Sinon, nous aurons la possibilite de te montrer la poussette (qui nous a ete offerte!): nous comptons bien la garder et la faire voyager le plus longtemps possible!

Laisser un commentaire